Gérald Genta 

Ce n’est pas un horloger mais le créateur et auteur des montres les plus recherchées. Né en 1931 à Genève, Gérald Genta épouse l’horlogerie alors qu’il n’a pas encore 20 ans après avoir terminé des études de joaillerie et d’orfèvrerie pour lesquelles il obtint son diplôme en 1951. Peu après, il est recruté par l’entreprise Universal Genève SA. Il crée pour celle-ci le célèbre modèle de montre Polerouter Microtors dans les années 1950. Il débute chez Universal Genève, et c’est en 1954 que son premier bébé voit le jour, la Polarouter. Une montre capable de résister aux champs magnétiques qui s’imposera jusque dans les années 1960 comme la montre officielle de la Scandinavian Airlines System (SAS), compagnie aérienne qui ouvrit une route plus rapide entre l’Europe et la Californie en passant au-dessus du pôle Nord

Au milieu des années 1960, il crée deux autres modèles de montres qui feront date : la Golden Shadows et la White Shadows, qui contiennent toutes deux un microrotor unisonic. Cette première collaboration avec Universal Genève est le début d’une longue liste avec des sociétés plus prestigieuses les unes que les autres.

Fort de ses premiers succès, il crée sa marque sous son propre nom en 1969. On parle d’heures sautantes, d’aiguilles rétrogrades… Partagé entre sa maison et ses missions, c’est en 1972 qu’il bouscule à jamais les codes de l’horlogerie traditionnelle

La firme Omega demande à Gérald Genta en 1959 de revoir, rafraîchir et renouveler sa gamme stratégique Constellation qui était sa collection phare. C’est grâce au renouveau de cette gamme par le Maestro que la société horlogère a pu figurer dans le peloton de tête pendant de nombreuses années. A cette occasion, Gérald Genta a commencé à être perçu comme un « designer star ».

En 1970, la Maison Audemars Piguet approche le designer pour dessiner la montre qui deviendra la plus emblématique de la marque : la Royal Oak. Il esquissa le modèle en une seule nuit en s’inspirant d’un plongeur qui portait un ancien casque de plongée rivé au reste de sa combinaison par plusieurs vis. De ce concept, il en transposa la forme octogonale en conservant la visserie sur la lunette. La Royal Oak était la première montre de sport de luxe fabriquée en acier, première fois qu’il était considéré comme un métal précieux dans l’histoire de l’horlogerie moderne. La Royal Oak marqua une révolution dans l’industrie des montres de prestige.

À la demande de Philippe Patek en 1976, Gerald Genta dessina une montre d’exception considérée encore aujourd’hui comme une référence. Un peu comme pour la Royal Oak, il fut inspiré par le monde nautique, mais cette fois ci par les hublots des transatlantiques. La montre fut baptisée Nautilus en hommage au sous-marin de capitaine Nemo dans le roman de Jules Verne « 20 000 lieues sous les mers ». L’histoire dit qu’il l’aurait dessinée en cinq minutes sur une serviette en papier au restaurant. Disposant d’une lunette avec des angles adoucis, cette nouvelle montre en acier représente un équilibre subtil entre sport et élégance. Elle restera plus de 30 ans en production.

En août 2011, Gerald Genta mourut à l’âge de 80 ans. Son comportement disruptif aura permis de briser les limites que le marché de la haute horlogerie s’était fixées, pour laisser place à une plus grande fantaisie. La vision et le savoir-faire du designer suisse a permis le développement de plusieurs montres devenues mythiques avec comme fer-de-lance la Royal Oak, la Nautilus, mais aussi la Big Bang de Hublot. Le travail réalisé par Gerald Genta représente la façon dont Andy Warhol voyait les choses : « l’attraction la plus excitante se trouve entre deux opposés qui ne se rencontrent jamais ».